Colectifs des données sur Genève

Cet article insiste sur la nécessité pour préserver son autonomie personnelle dans le monde de la donnée de développer ses capacités à former des relations sociales, et de nouveaux collectifs pour co-gouverner ces données. Ceci est dû notamment au fait que beaucoup de données personnelles sont en fait liées à plusieurs personnes simultanément.

Exemple:

  • une carte de supermarché partagée par une famille entière;
  • un trajet en Uber qui détermine la position du conducteur et du passager.

Le deuxième exemple est en train de devenir concret. Lorsque des conducteurs Genevois demandent leurs données, comme la loi le leur permet, Uber leur donne pour l’instant (après une longue bataille) une copie de leurs données de géolocalisation très granulaires. Ceci leur permet de calculer une multitude de choses avec un impact concret et financier pour eux (mieux de ne pas être plus précis publiquement pour l’instant).

Cependant, Uber m’a informé - via PersonalData.IO - qu’ils se réservent la possibilité de ne plus donner ces informations, particulièrement si les conducteurs commencent à l’aggréger, et qu’il en découle un risque - selon Uber - pour la protection de la vie privée des passagers.

(From the Uber Data Protection Officer:) I also want to use this opportunity to raise a concern I have wrt the detailed GPS trace information, including pick-up and drop off location information. As you likely are aware this information also relates to the rider having taken the trip. While information identifying riders is excluded from the data set to protect their rights, please be aware that it cannot be excluded that with additional analysis and/or combination with other datasets, individual riders may be identified from the GPS data, particularly when data from multiple partner drivers over longer periods in time is combined. As riders may take trips to and from home and work locations to and from sensitive locations, such as places of worship, medical institutions, schools or other venues, this is a risk to these individuals to be considered carefully. This becomes more prominent in case partner drivers subsequently share their data with one or more third parties to be used for purposes and with means not decided by Uber.

Ce risque existe, mais on peut questionner le bien-fondé de laisser à Uber le soin de gérer ce risque, et notamment en terme de prioritisation.

Par conséquent, une idée pourrait être de construire des collectifs ouverts et transparents sur Genève pour gérer ces données en nom et place des personnes affectées, en tout cas au niveau de principes généraux gouvernant l’accès à ces données. On pourrait par exemple avoir:

  • un collectif des passagers sur Genève;
  • un collectif des conducteurs sur Genève;
  • un collectif des producteurs de données de géolocalisation sur Genève.

Chacun pourrait exister comme personne morale séparée, à définir. Et chaque individu pourrait se retrouver dans plusieurs de ces collectifs, pour s’assurer que tous ses intérêts sont vraiment représentés.

Ceci est bien sûr une idée sur laquelle il faut réfléchir en groupe, mais pour laquelle il ne faut pas un consensus absolu non plus. On peut juste itérer sur les formats.

Qu’en pensez-vous?

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Je trouve très intéressante la création d’un “tiers” qui s’occuperait de l’agrégation des données. C’est par exemple ce que l’on voit avec les bourses où l’on peut observer les agrégats, mais l’on ne connaît pas automatiquement les personnes derrière les ventes/achats.

En réalité, il y a multitude d’exemples du genre. On retrouve les conflits d’intérêts par exemple dans les banques. Une banque peut conseiller à leurs clients d’investir dans un stock auquel la banque est fortement exposée. De la même manière, une banque est évidemment au courant d’une IPO avant tout le monde… mais il y a des lois qui sont censées interdire ce genre de pratique.

On pourrait parler de “banque de données” dans un sens nouveau. Aujourd’hui, Google joue ce rôle, mais ils ne peuvent pas à la fois être très agressifs en termes d’innovation et garantir le bon usage des données. Donc même ces acteurs pourraient être soulagés d’avoir un tiers qui gère ce genre de chose.

Mais pourquoi viser Uber Suisse? Moi typiquement je suis plus intéresser par des agrégats d’informations financière, que de mobilité. En effet, mes informations de mobilité, je peux facilement les tracker via Google justement. Par contre, connaître le loyer moyen à Genève serait vraiment intéressant surtout avec le taux de rentabilité des immeubles. Et les banques ont déjà cette information!

Je comprends l’utilité de ces informations financières pour toi, mais comment cette utilité se traduirait en données personnelles et en collectifs des données?

Si tu payes ton loyer, tu utilise plusieurs prestataires qui collecte des données à ce niveau:

  • les banques
  • les impôts (l’état)
  • la régie
  • assurance ménage
  • le propriétaire

Le problème c’est qu’il y a une asymétrie d’information. Tu connais ton loyer, mais pas ceux des autres personne. Tandis que certains acteurs ont une vue d’ensemble. Pour contrer ça, la seul manière que je vois c’est que les individus se fédère et partage d’une certaine manière certaines données personnel avec un tiers qui les remettent ensuite à disposition.

Évidement, l’histoire du loyer n’est qu’un exemple. Par contre c’est un exemple qui est parlant parce que 1) il y a des vrais questions au niveau des loyer 2) ça touche presque tout le monde

Vois-tu un point d’entrée vers les régies qui fassent moins peur, et autour duquel les gens peuvent se réunir et lancer la démarche collective?